Comment (bien) annoncer sa démission ?

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Il est rare aujourd’hui de faire toute sa carrière au sein d’une même entreprise. Lors de votre parcours professionnel, il est donc probable que vous soyez amené à quitter une entreprise. Différentes modalités de départ s’offrent alors à vous… Qu’il s’agisse d’un licenciement, à l’initiative de l’employeur donc, d’une rupture conventionnelle négociée ensemble, ou d’une démission de votre part. 

Cela ne vous aura pas échappé, le titre de cet article est éloquent : c’est de ce dernier cas de figure que je vous propose de parler aujourd’hui. Et si vous êtes tombé sur cet article, il n’est pas totalement absurde de penser que, peut-être, vous vous posez la question de démissionner… que ce soit à court terme ou un peu plus tard. 

Dans tous les cas, vous voilà au bon endroit : découvrons ensemble les clés pour annoncer votre démission de la meilleure des façons.

Annoncez votre démission de vive voix

Je vous propose de commencer par le commencement. A savoir : qu’est-ce qu’une démission, et ce qu’en dit le cadre légal. Et étonnamment, le droit du travail n’est pas très verbeux sur la question ! La démission est, ni plus ni moins, une rupture à votre initiative du contrat de travail conclu avec votre employeur. Celle-ci met donc fin au contrat de travail qui vous lie à l’entreprise.

Cette rupture du contrat de travail est un droit qui vous revient, en tant que salarié. Un droit que vous pouvez exercer à tout moment. Un droit que vous pouvez faire valoir à l’écrit comme à l’oral : le droit du travail ne prévoit pas de procédure spécifique pour démissionner. 

Formalisez votre décision par écrit…

En revanche, pour vous prémunir contre toute situation de litige potentiel, mieux vaudra toujours formaliser votre démission par écrit. Le plus classique ? Remettre votre lettre de démission en main propre, ou l’envoyer par lettre recommandée avec accusé de réception. Vous trouverez aisément différents modèles de lettres de démission avec une simple recherche sur le net.

A présent : imaginez recevoir, un matin, une lettre de démission très formelle de l’un de vos collaborateurs, sans aucun signe avant-coureur ni en avoir été averti au préalable. Cela peut parfois s’avérer brutal

… après avoir annoncé votre démission à l’oral

Sauf exception (si la situation est très tendue avec votre employeur), pour éviter cela, mieux vaut toujours faire précéder la remise de votre lettre de démission écrite par une annonce orale. 

Pour ce faire, prévoyez un moment en tête à tête avec votre manager. Un moment suffisamment long pour ne pas être pris par le temps, afin de lui faire part de votre décision, et lui en expliquer les raisons. D’autres points avec les RH et vos éventuels N+2 voire N+3 pourront alors suivre, en fonction de la situation. 

Annoncer ainsi votre démission par oral, en tête à tête, permet d’atténuer en partie une décision qui peut parfois être perçue de façon violente, voire comme une trahison. En effet : toute relation professionnelle demeure après tout une relation d’être humain à être humain…

Expliquez votre décision de démissionner

Que faut-il dire ou ne pas dire au moment d’annoncer votre démission à l’oral et d’expliquer votre décision à votre manager ? Mieux vaut-il jouer cartes sur table, ou garder pour soi d’éventuelles frustrations ou désaccords ? 

Avant toute chose, rappelons qu’en aucun cas vous n’êtes tenu de votre décision. Le droit du travail ne prévoit aucune obligation de justification pour le salarié qui présente sa démission. 

Cela étant dit, s’en tenir stricto sensu à ce cadre juridique et refuser de fournir la moindre explication à votre manager n’est sans doute pas la meilleure manière de mettre un terme à votre aventure au sein d’une entreprise. 

Si le contexte de votre départ vous le permet, l’entretien durant lequel vous annoncez votre démission oralement à votre manager est également l’occasion de lui expliquer la cohérence de votre décision, et vos motivations. Pas question de laisser subsister des malentendus en suspens. 

Prendre le temps d’expliquer votre décision est sans doute plus important encore si votre relation avec votre manager est bonne. Même si vous voir quitter le navire ne lui fera sûrement pas plaisir, vos explications lui permettront de comprendre ce qui a conduit à votre décision.

Restez honnête en expliquant votre décision

Si la situation vous le permet, il est donc toujours préférable, pour le salarié démissionnaire, de fournir une explication à son choix de remettre sa démission. Faites preuve de transparence. Expliquez avec honnêteté les raisons qui ont conduit à votre volonté de démissionner. 

Mais peut-être me direz-vous que cela reste plus facile à dire qu’à faire. Et vous aurez raison ! Alors, je vous propose de désamorcer les choses tout de suite : non, il n’est pas non plus question ici d’annoncer frontalement à votre manager que vous ne le supportez pas, que de toute façon le concurrent vous propose 25K€ annuels de plus, et que si cela ne lui plait pas, cela revient au même. 

Prendre quelques pincettes ne fera pas de mal, a fortiori si votre départ est lié à des éléments d’ordre personnel. Il ne servira en revanche à rien d’inventer des excuses abracadabrantesques pour expliquer votre départ. Inutile donc de raconter que vous êtes contraint de suivre votre conjoint qui part en mission sur Mars… 

A défaut de pouvoir dire toute la vérité, restez factuel : vous avez accepté un poste qui vous intéresse davantage, chez un concurrent ; vous avez saisi une opportunité de découvrir un nouveau secteur pour lequel vous vous passionnez ou que vous vous réjouissez de découvrir. 

Jouer la carte de la transparence sera tout à votre honneur, et évitera que votre ancien manager découvre quelques mois plus tard que vous lui aviez menti, ce qui pourrait nuire à votre réputation. D’autant que, c’est bien connu, dans le monde du travail, tout se sait tôt ou tard. 

Allez y mollo sur les critiques, même après avoir annoncé votre démission

Une fois votre démission annoncée, la tentation est parfois forte de déballer tout ce que vous avez sur le cœur. Après tout, maintenant que votre départ est acté, qu’avez-vous à y perdre ? Bien plus que l’on pourrait le croire ! Et pour cause : il en va de votre image, et du souvenir que vous laisserez auprès de vos collègues et managers. Autant d’individus dont vous pourriez, qui sait, croiser de nouveau la route au gré d’une future aventure. 

Je ne saurais donc que vous conseiller de vous abstenir : cela risquerait de se retourner contre vous, d’autant plus que la pratique des prises de références auprès d’anciens managers ou managés est très répandue. 

Dans tous les cas, assurez vous donc de maintenir des échanges cordiaux, constructifs, qui ne vous porteront pas préjudice à l’avenir. 

Là encore, il n’est pas pour autant question de ronger votre frein ou de brandir le joker langue de bois. Si le contexte et la culture de l’entreprise vous le permettent, et que vous avez des suggestions organisationnelles, n’hésitez pas à vous en ouvrir auprès de votre manager, ou des RH. 

Qui sait : cela pourrait permettre à l’entreprise de faire évoluer ses process, et améliorer le quotidien de vos futurs ex-collègues.

Annoncer votre démission : prendre le temps d’évoquer la période de transition

A la fin de votre échange avec votre manager, convenez d’un nouvel échange quelques jours plus tard, pour évoquer les modalités de votre départ : quelle est la durée de votre préavis fixée dans votre contrat de travail ? Celle-ci est-elle modifiable, négociable ? Devez-vous donner un coup de main pour trouver votre remplaçant ? Comment s’organise la transition de vos dossiers ?

L’annonce d’une démission, lorsque cette dernière n’a pas été pressentie, a un caractère assez brutal et peut susciter de fortes émotions : déception, incompréhension, trahison, inquiétude. Laissez donc à votre manager et aux RH le temps de prendre du recul et de diriger la nouvelle, avant de revenir plus longuement sur ces questions. Cela sera dans l’intérêt de tout le monde… et réduira les risques que vous obteniez pour toute réponse une fin de non recevoir pure et simple sur la négociation de la durée de votre préavis, par exemple.

Gardez toujours en tête qu’il est dans l’intérêt de chacun que votre départ se déroule au mieux.

Annoncer votre départ au bon moment… et de la bonne façon

C’est là justement l’un des premiers leviers pour s’assurer que votre départ se passe bien : maîtriser la façon dont il annoncé au reste des équipes. 

Ne le claironnez pas au vu et au su de tous dès votre sortie du bureau de votre manager. S’il peut bien sûr être tentant d’annoncer tout de suite votre démission à vos collègues de travail, cela n’est pas forcément avisé. Surtout si votre départ est susceptible d’avoir un impact important sur les autres membres de l’équipe. 

Au contraire : concertez vous avec votre manager et les RH. Définissez ensemble comment vous souhaitez communiquer sur votre départ, quel est le meilleur moment. L’objectif ? Éviter à tout prix de créer du flottement ou de l’anxiété au sein de l’équipe. 

Loin de moi l’idée pour autant de vous suggérer de reporter l’annonce de votre départ le plus tard possible. Non, il s’agira plutôt de trouver le juste équilibre pour annoncer le départ dans les meilleures conditions… avant que la rumeur ne coure, et qu’il ne s’ébruite.

Le mot de la fin

Ça y est, vous venez d’annoncer votre démission à votre manager ? Félicitations !  

Cela vous a sûrement demandé une bonne dose de courage. Le plus dur est derrière vous. Qui plus est, une démission n’est pas une fin en soi. Ce n’est qu’une page qui se tourne derrière vous, et une nouvelle qui s’ouvre. A vous de prendre la plume pour écrire les futurs épisodes de votre vie professionnelle.

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