Comment tourner la page de votre ancien emploi ? 

Le terme “deuil professionnel” vous interpelle ? Nous parlons aujourd’hui des fins de contrats, abrupts ou pas, des départs ou des retraites, choisis ou non. On passe à autre chose maintenant ? Particulièrement si un nouveau projet vous attend ou des vacances perpétuelles dans le Sud de la France. Un peu moins bien quand on a subi la mise à pied… Quitter son job ou son entreprise, quelle qu’en soit la raison, n’est pas un moment agréable à passer mais comme en amour, il vaut mieux sauter le pas et laisser tout derrière soi, pour ouvrir, ou non, une nouvelle page professionnelle. 

Tourner une page professionnelle n’est pas chose aisée

À la suite d’un départ, même s’il est volontaire, différentes émotions peuvent s’entremêler : regrets, peurs, doutes, déception… Bien évidemment, si la rupture avec votre ancien emploi a été brutale et n’était pas un choix délibéré, vous êtes en droit de ressentir de la colère ou de l’amertume vis-à-vis de votre situation. Attention à ne pas tomber dans l’auto-flagellation « J’ai été bête de ne pas l’avoir vu venir. » … « J’ai été stupide de tout donner pour cette boîte » Préservez également votre colère envers les autres “protagonistes” impliqués dans votre départ, qu’ils soient collègues, supérieurs, service des ressources humaines…

Certains salariés peuvent subir un réel choc post-traumatique. Imaginez, un vendredi, la sécurité vient vous chercher dans votre bureau, vous ordonnant de rassembler toutes vos affaires, direction les Ressources Humaines. Vous signez de la paperasse, sans trop rien y comprendre et c’est la sortie, sans même avoir eu le temps de saluer vos collègues une dernière fois (et le pot de départ, on y pense même pas). Pour la plupart des salariés, cette situation semble inimaginable mais elle existe bel et bien. 

Même si quitter brutalement son entreprise s’avère très douloureux, le partant se doit de rester le plus lisse, neutre et positif possible dans ses dernières communications. Il est important de rationaliser et dépassionner le débat afin de mieux penser aux éléments de reconstruction, à la meilleure façon de tourner la page

Même à la retraite

Vous l’avez idéalisée, rêvée, vous vous êtes même battus pour elle mais une fois présente dans votre vie, la retraite peut parfois s’avérer être un atterrissage douloureux. Des questions vous viennent à l’esprit : “Après ce voyage à l’île Maurice que j’ai toute ma vie rêver, qu’est ce que je fais après.” Les plus cérébraux vous diront : “Inscris toi au bridge”.
Mais non, surtout si votre identité était directement liée à votre rôle professionnel, vous vous retrouvez rapidement “à poil”, et pas seulement à cause du maillot de bain qui vous aurait échappé dans les eaux mauriciennes. Prenez du temps pour vous, détachez vous de toute votre vie professionnelle et tentez de donner du sens à votre seconde, voire même troisième, quatrième vie.

Apprendre à gérer la séparation “émotionnelle”

Quitter son job, c’est comme quitter une maison, une maison dans laquelle vous n’avez jamais dormi (quoique) mais un endroit qui vous est familier, dans lequel vous avez évolué. Et il n’est jamais évident de quitter le nid. Votre CV peut vous le rappeler, à chaque nouvel entretien on vous pose la question du Pourquoi avez-vous quitté votre ancien job ? … “Comment ça s’est terminé ?”. Si la situation n’est toujours pas digérée, ça se sent, et ça crée presque automatiquement un doute chez vos interlocuteurs et votre confiance en vous risque de se retrouver amoindrie. L’autre risque à prendre un compte est l’effet boomerang. On s’explique : vous passez à la suite sans problème, vous poursuivez votre aventure professionnelle et, plus tard, une situation similaire, un moment difficile fait ressurgir les émotions et c’est à ce moment-là que vous vous rendez compte de vos fragilités. Un nouveau job, c’est comme une nouvelle relation, il faut être certain d’avoir fait le deuil de l’ancienne si vous voulez vous épanouir dans la nouvelle.

On ne retient que le positif

Pour la même comparaison qu’en amour, dans une aventure professionnelle, il y a forcément du bon à en tirer. La fin d’une relation, qu’elle soit professionnelle et personnelle, mérite une dernière conversation afin de laisser chaque partie la possibilité de s’exprimer pour comprendre au mieux les raisons ou les motivations de l’autre. Il ne s’agit pas là de faire des reproches mais de partager son expérience et de revenir sur ce qu’on a apprécié et moins apprécié dans ce job : frustrations, impressions… en vous concentrant sur les faits, plutôt que sur la personne à qui vous le reprochez. Un collaborateur qui se montre professionnel jusqu’au bout pourra compter sur son (ex)-entreprise même quand les liens contractuels seront rompus. C’est d’autant plus important aujourd’hui que les réseaux sociaux professionnels, tels que Linkedin permettent d’entretenir la relation.

Soigner le départ

Si le départ s’effectue dans les règles, il est convenu de respecter certains rituels. Pot, dernier déjeuner à la cantine, mail d’au revoir, cadeau commun… Autant de traditions plus ou moins larmoyantes qui actent le départ. Un salarié qui fait l’impasse dessus risque d’en éprouver des regrets, ce sont des moments qui laissent des souvenirs gravés et qui permettent de tourner la page de manière plus gaie. Le protocole peut varier selon les personnalités et la culture d’entreprise mais l’objectif reste le même : pour le salarié, exprimer sa satisfaction d’avoir travaillé dans l’entreprise, pour la hiérarchie, témoigner sa reconnaissance. En soignant le départ, l’entreprise s’adresse aussi à ceux qui restent : un pot dans une ambiance décontractée et un discours chaleureux font plus de bien à sa réputation qu’un adieu glacial. 

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