Égalité en entreprise : Osez le congé de parentalité !

L’arrivée d’un nouvel enfant est une étape majeure dans la vie d’une famille. Toutefois, cette naissance, ou adoption, impacte également la vie professionnelle des nouveaux parents. Si le congé maternité est ancré depuis de nombreuses années, le congé paternité, qui a été porté à 28 jours en France en juillet 2021, évolue pour sa part encore timidement. 

Ainsi, afin de renforcer l’égalité hommes-femmes en entreprise, Abeille Assurance (anciennement Aviva France) a été la première entreprise française à instaurer un congé de parentalité de 10 semaines. Mis en place en 2017, celui-ci concerne tous les salariés de l’entreprise, hommes et femmes, et peut faire suite à une naissance ainsi qu’à une adoption. 

Ils ont été les pionniers en France sur le sujet : suite à un accord signé à l’unanimité en novembre 2017, tous les salariés d’Abeille Assurances peuvent bénéficier d’un congé de parentalité de 10 semaines. Concrètement, ce congé est avantageux car il n’entraîne ni perte de salaire, ni perte d’ancienneté, ni perte de jours de congés. L’autre gros atout de ce congé de parentalité, c’est qu’à son retour dans l’entreprise, le collaborateur retrouve son poste initial. Le Pupitre a eu la chance d’échanger sur le sujet avec Claire Danion, directrice des relations sociales chez Abeille Assurances. 

Les avantages du congé de parentalité 

Le principal objectif du congé de parentalité est de permettre aux collaborateurs de prendre soin et de profiter du nouveau venu dans la famille, et ce sans inégalité ou discrimination. 

Cette décision de la société d’assurance fait suite à un fait de société : la courte durée du congé paternité par rapport au congé maternité. “Le congé de parentalité permet au deuxième parent d’avoir aussi la possibilité de s’offrir du temps avec sa famille”, souligne Claire Danion.

De plus, il s’agit d’un avantage considérable pour l’entreprise. “Le bien-être au travail passe aussi par là et être une entreprise attractive également”, avance Claire Danion, qui assure que le congé de parentalité est désormais un atout considérable de la société. “Le fait que le deuxième parent ait la possibilité de s’absenter pendant deux mois, c’est un élément différenciant” lors des recrutements, affirme la directrice des relations sociales. 

De plus, “ce qui est super rassurant c’est que, comme pour le congé maternité, le collaborateur qui part en congé de parentalité retrouve à son retour l’emploi qu’il occupait avant son départ, contrairement au congé parental où on retrouve un emploi équivalent”, insiste Claire Danion.

“Au début, c’était un pari”

Lors de sa mise en place, le dispositif a suscité des interrogations et parfois même des inquiétudes au sein des équipes, notamment au niveau managérial. “Au démarrage, il a fallu avoir une discussion avec les managers qui se demandaient “Comment je vais faire si mon collaborateur s’en va pendant deux mois ?”, se remémore Claire Danion qui souligne que “lorsqu’il y a un congé maternité on s’organise comme il faut, alors il n’y avait pas de raison que l’on ne s’organise pas correctement” pour le congé de parentalité. Pour la directrice des relations sociales, la formule magique pour que cela fonctionne c’est la communication et l’organisation

En effet, la mise en place d’un congé de parentalité est un changement majeur dans l’évolution des mentalités. Cinq ans après, le bilan est plus que positif pour Abeille Assurances : “Dans les faits ça se passe vraiment très très bien”, relate Claire Danion qui assure que désormais “c’est ancré dans les mentalités”. Pour l’assureur il est aucunement question de supprimer cet accord, ou de revenir en arrière. Depuis, “d’autres entreprises s’y sont mises, mais c’est vrai qu’au début c’était un pari”, admet la directrice des relations sociales de l’entreprise.

Comment en bénéficier ? 

Chez Abeille Assurances, pour qu’un collaborateur puisse bénéficier de son congé de parentalité, il doit formuler une demande trois mois avant la date présumée de départ. “Ce délai de 3 mois permet au manager de pouvoir anticiper le départ et de pouvoir organiser la charge de travail en l’absence du collaborateur”, explique Claire Danion qui précise qu’”une fois la demande reçue dans les délais, le congé est de fait accepté”. 

En outre, le collaborateur a jusqu’à six mois après la naissance du bébé ou l’arrivée de l’enfant pour prendre son congé de parentalité. À noter également que celui-ci peut être pris en fractionné. “C’est pratique, notamment pour certains collaborateurs qui occupent des postes à responsabilités. Partir pendant 10 semaines consécutives, ce n’est pas forcément facile”, souligne Claire Danion. Ainsi, si le collaborateur demande à fractionner son congé, il le peut. « Ça permet plus de souplesse pour les deux parties. Cela permet de mieux s’organiser, tant pour le nouveau parent, que pour le manager concerné”, plaide la directrice des relations sociales. 

Renforcer l’égalité hommes-femmes

Le congé de parentalité offert par Abeille Assurances s’adresse à tous les seconds parents, hommes comme femmes et concerne aussi bien les couples hétérosexuels que les couples homosexuels. Il fait suite à l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille, qu’il s’agisse d’une naissance, ou d’une adoption.

Avec la mise en place de ce dispositif, la société d’assurance tend à équilibrer l’égalité hommes-femmes et, dans une démarche plus générale, aspire à améliorer le bien-être au travail. Si ce dispositif a nécessité une bonne organisation et surtout beaucoup d’anticipation, “il fait désormais partie des valeurs de l’entreprise, et c’est même un atout du service recrutement”, indique Claire Danion. 

Par ailleurs, si la directrice des relations sociales avait deux conseils à donner aux dirigeants et dirigeantes qui souhaiteraient instaurer le congé de parentalité dans leur entreprise ce serait : “Oser, et tester !”, assure-t-elle sans aucune hésitation. 

“Il faut se dire : on teste et on verra ce que ça donne. Peut-être que l’on se trompe, mais au moins on se donne les moyens d’essayer”, plaide Claire Danion. “Il faut y aller, il ne faut pas hésiter”, conclut-elle. 

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