Qui est Olivier Dussopt, ministre du Travail ? 

L’hôtel du Châtelet, qui abrite le ministère du Travail. @Wikimedia Commons

Attendue depuis les élections législatives, la composition du nouveau gouvernement, nommé par Emmanuel Macron sur proposition de la Première ministre Élisabeth Borne, a été dévoilée lundi 4 juillet. Parmi les 42 membres du gouvernement, la parité numérique est respectée puisqu’il est composé de 21 femmes et 21 hommes. Il s’agissait de l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron en 2017. 

Toutefois, contrairement au gouvernement Borne I, ce deuxième gouvernement ne respecte pas la parité au sein des ministères. Sur les 17 ministres de plein exercice, seules 6 sont des femmes, contre 11 hommes. Il en est de même pour les ministres délégués : 6 femmes pour 9 hommes. En revanche, les femmes sont surreprésentées parmi les secrétaires d’État, elles sont 9 femmes pour un seul homme. 

En outre, 14 membres du gouvernement Borne II faisaient déjà partie du gouvernement lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, mais à un poste différent. C’est notamment le cas d’Olivier Dussopt, élu ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion, qui a naturellement suscité l’intérêt du Pupitre

Représentant de la gauche au sein de la majorité 

Âgé de 43 ans, l’ex-socialiste Olivier Dussopt a été nommé ministre du Travail le 20 mai 2022 au sein du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne. Un mois plus tard, il confirme sa place au ministère en étant réélu à 59% des suffrages exprimés, lors des élections législatives en Ardèche. Une quatrième victoire d’affilée dans la circonscription d’Annonay, commune la plus peuplée d’Ardèche, dont il a été le maire pendant 9 ans.

En 2017, cet ancien soutien de Manuel Valls quitte le Parti Socialiste pour rejoindre le gouvernement. Il est alors nommé secrétaire d’État chargé de l’action et des comptes publics. En 2020, il est élu ministre délégué chargé des comptes publics, sous le gouvernement Castex. 

Olivier Dussopt est l’un des visages représentant la gauche au sein de la Macronie. Ayant fait ses preuves et gagné la confiance de la majorité, l’ex-socialiste a finalement été promu puis confirmé à la tête du ministère du Travail.Les chantiers sont nombreux et je les mènerai dans la concertation”, a-t-il tweeté après sa nomination. Décrit comme sérieux et loyal, Olivier Dussopt devra notamment s’occuper du brûlant dossier des retraites. 

Son parcours politique

Né à Annonay en Ardèche, Olivier Dussopt est fils d’ouvriers. Après avoir côtoyé les bancs de Sciences Po Grenoble, il obtient son DESS (diplôme d’études supérieures spécialisées) en développement local et management de territoire.    

Après avoir occupé différents postes en tant que chargé de mission, il s’ancre rapidement en politique. Il adhère au Parti Socialiste dès l’année 2000, alors âgé de 22 ans. Il fait ses débuts en politique en tant que collaborateur du sénateur Michel Teston. En 2007, il est élu député de la 2e circonscription de l’Ardèche et devient ainsi le benjamin de l’Assemblée nationale. Proche de la Nouvelle Gauche avec Benoît Hamon, il prend la direction nationale du Parti Socialiste en 2008.

Trois ans plus tard, il devient le porte-parole de Martine Aubry, candidate à l’élection présidentielle de 2012. Après les primaires, il rejoint la campagne de François Hollande. Lors du quinquennat de ce dernier, Olivier Dussopt a failli entrer au gouvernement à deux reprises, constamment soutenu par Manuel Valls, avant de se voir recalé au dernier moment. En 2012, il est réélu député puis vice-président du groupe socialiste à l’Assemblée. Il soutient la candidature de Manuel Valls en 2016, et devient l’un de ses porte-parole de campagne pour la primaire citoyenne de 2017.

La même année, il est l’un des rares députés PS à être réélus face à un candidat LREM. En novembre, il entre à Bercy au secrétariat d’État à la Fonction publique, où il a notamment dû prendre en charge la loi de transformation de la fonction publique. À son arrivée au gouvernement, Olivier Dussopt a immédiatement été exclu du PS. 

Le 6 juillet 2020, l’ex-socialiste est élu ministre délégué aux Comptes publics, et seconde le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Il doit alors gérer les comptes publics durant une période placée sous le signe de la pandémie de coronavirus et du “quoi qu’il en coûte ». 

La même année, Olivier Dussopt fonde, avec Jean-Yves Le Drian, Territoires de Progrès :  un micro-parti de centre-gauche, indépendant de LREM, qui constitue l’aile social-démocrate de la majorité présidentielle. Plusieurs autres ministres macronistes, tels que Olivier Véran ou Élisabeth Borne ont rejoint ce mouvement principalement constitué d’anciens élus du PS. Il prendra finalement la tête du parti en 2021. “Nous devons être le booster de gauche de cette majorité” avait-il alors défendu. 

Olivier Dussopt quitte finalement Bercy à l’âge de 43 pour rejoindre l’hôtel du Châtelet où il a été promu ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion dans le gouvernement Borne. Il aura pour principal enjeu la mise en application de la controversée réforme des retraites, avec le recul de l’âge légal de départ à la retraite. L’une des mesures phares du quinquennat d’Emmanuel Macron.

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